Assise sur mon volcan

Les vacances de vos rêves

Monsieur Chéri et moi-même avons une particularité dans notre couple que tout le monde nous envie terriblement : on ne s’ennuie jamais en vacances… parce qu’on a la grosse poisse !
Nonon, pas la petite malchance du temps pourri ou la mésaventure de la location pas terrible. Non, vraiment, la vraie grosse poisse avec cumul de miles !

Quand nous racontons nos aventures à nos amis pour animer les soirées, il me semble déceler une part d’incrédulité dans le regard de nos interlocuteurs. Et pourtant, nous n’avons pas besoin d’en rajouter tellement la réalité de nos péripéties est (tristement) drôle.

Du coup, si quelqu’un que je connais passe par là, adieu anonymat ! parce que tout le monde est au courant des fabuleuses histoires du couple qu’il ne faut surtout pas accompagner en vacances dans notre entourage ! Mais tant pis, j’ai quand même envie d’en raconter un peu ici.

Nos premières vacances : 

parasol, plages, et vacances pourries

Nous avions 20 ans et vivions notre douce romance depuis seulement un mois.
Je travaillais tout l’été dans un lieu touristique pour gagner de quoi être indépendante pendant l’année universitaire. C’est donc avec grande difficulté que j’obtins 3 jours de repos pour partir voir la mer (j’en avait demandé 4, mais un congé le 15 août dans un lieu touristique c’est juste impossible !).

Nous décidons alors de partir au plus près, nous improvisons et prenons une chambre dans un hôtel formule 1 (quels aventuriers !!).
Nos trois jours de vacances se passent à merveille : plage, restos, repos, balades, (et je vous passe les détails) c’est le paradis !

Au bout de notre trop court séjour, la chambre rendue, les valises chargées dans la voiture, nous décidons de faire un dernier plongeon dans la Grande Bleue avant de partir.
C’est en revenant de la douche de rinçage que nous retombons très rapidement de notre petit nuage : notre sac a disparu.
A l’intérieur : nos vêtements, nos téléphones, nos portes-feuilles, nos cigarettes, ET les clefs de la voiture !

Nous restons scotchés de stupéfaction pendant une dizaine de minutes. Bloqués là, à se dire que non, c’est pas possible, qu’on va se réveiller.
Nous demandons aux personnes autour s’ils ont vu quelque chose, puis nous prévenons le CRS dans sa guérite juste au dessus de nos serviettes (utile le mec !) et la brigade à vélo pour qu’elle surveille au moins notre voiture.

Après avoir trouvé de gentils voisins de serviette pour nous prêter leur portable et tenté d’appeler nos parents (tous en vacances très loin bien sûr), nous nous résolvons donc à aller au commissariat (en centre ville) pour porter plainte.

Quel bonheur de se présenter au commissariat en maillot de bain !

Passé le petit moment de gêne, le gentil-policier, prend quelques notes puis nous met prestement à la porte : c’est l’heure de fermer !
Nous restons comme deux ronds de flan sur le trottoir, sans logis, sans argent, sans voiture, sans vêtements, sans solution (SANS CIGARETTE)…
Faut-il braquer une supérette pour espérer avoir un endroit où dormir ?
Dix minutes plus tard, le gentil-policier revient nous chercher tout penaud, parce qu’il a la maman de Monsieur Chéri au téléphone (et qu’il a passé un sale quart d’heure quand il lui a dit qu’il nous avait mis dehors), moment épique !

Belle maman a mobilisé tout le monde et on nous a trouvé des gens pour nous héberger.
Ils sont à une heure de route, nous devons patienter sur le trottoir (à nouveau) en attendant qu’ils viennent nous chercher.
Pendant ce temps, mes beaux parents feront le trajet de leur lieu de vacances à leur domicile puis à notre lieu de vacances (soit 800 km) dans la nuit pour nous ramener le double des clefs de la voiture (oui, d’accord, je le concède, ils ont leur bon côté des fois quand même).

Les personnes qui viennent nous sauver chercher sont des amis aux grands-parents de Monsieur Chéri.
Ils nous accueillent dans leur bungalow, et nous prêtent des vêtements (oui, j’ai enfilé les vêtements de cette gentille dame de 70 ans, c’était… mémorable)
Monsieur Chéri se prend une crise de rire d’une heure en voyant ma dégaine. Il en rit encore au simple souvenir ; mais heureusement, les smartphones n’existaient pas encore. Il n’y a donc aucun trace photographique de cette humiliation vestimentaire.
Nos hôtes nous amènent ensuite en ville pour acheter des cigarettes. Parce que dans cette situation de stress le manque de nicotine se fait sérieusement ressentir. Mais (dommage !) ils ont dépassé le plafond de retrait de leur carte. ARRRRRRR

Le lendemain, mes beaux-parents arrivent avec des vêtements de rechange et des cigarettes hiiiiiiii (ai-je jamais autant aimé ma belle-mère qu’à ce moment précis ?).
Nous retrouvons notre voiture dans l’espoir de rentrer.

Malheureusement, nous avons un double de la clef de contact, mais pas de l’anti-démarrage codé.
Nous mettons plus de 2h à trouver un garagiste pour nous arranger ce petit problème (rapport au 15 août, tout ça…).
Pendant ce temps, je tente de contacter mon travail pour prévenir que je ne pourrais pas venir mais que c’est vraiment pas fait exprès.
Quand le garagiste arrive finalement, un orage de grêle l’empêche d’intervenir (je vous promets que je n’invente rien).
Nous poireautons donc une heure dans la voiture, pour au final deux fils à brancher, en trois minutes c’est fait !

Nous partons enfin : il est 14h et nous avons récolté une petite facture de 150 €, youpi !

Théoriquement, nous avons moins de 3h de route pour rentrer.
Sauf que l’histoire se déroule avant la construction du pont de Millau.
Et que cette année là, un grand événement a eu lieu sur le plateau du Larzac qui se terminait justement le 15 août.

Je suis rentrée à 2h du matin (ouioui c’est ça, 12h de route au lieu de 3), mais je n’avais pas les clefs de chez moi puisqu’elles étaient dans le fameux sac et pour rappel mes parents étaient en vacances dans un trou perdu sans réseau.

Crédit photo : Nathalie Jomard

En retournant travailler quelques heures plus tard, autant vous dire que j’étais prête à mordre le premier qui me reprochait mon absence de la veille !

Mais une chose importante est ressortie de cette histoire.
Il faut savoir que dans toute cette galère, Monsieur chéri et moi-même ne nous sommes pas engueulés une seule fois ! Tout naturellement, nous nous sommes soutenus chacun notre tour dans les moments de crise, et nous avons trouvé la moindre occasion de rigoler.

La première réaction de notre entourage fut de nous féliciter.
Puis tout le monde a parié que notre couple était fait pour durer… à raison ! 

5 thoughts on “Les vacances de vos rêves

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