Assise sur mon volcan

blog de maman / femme / râleuse / boulimique d'écriture (rayer la mention inutile)

se sortir de la dépression

L’article qui va suivre ne représente que mon expérience personnelle, j’ai bien conscience que nous sommes tous différents, que plusieurs chemins sont possibles pour trouver le bout du tunnel. Il n’existe pas de recette magique, d’arme absolue…. Malgré tout, je me suis dit que peut-être mon  parcours pouvait aider certain-e-s d’entre vous, je vais donc essayer de partager ça, sans prétention.

 

Reprenons les choses depuis le début. Ma dépression, c’est la somme d’un burn-out maternel, et d’un burn-out professionnel, additionnée à une personnalité fragile. Un soupçon d’idéalisation de la maternité et le deuil qu’il a fallu en faire, un perfectionnisme poussé à l’extrême, un refus de penser à soi, une croyance que tout est plus facile pour les autres, entraînant une auto-flagellation permanente (et un peu pitoyable sur les bords).

La première étape à passer et non des moindres, c’est celle d’accepter qu’on ne va pas bien. Accepter, le dire, en parler, demander de l’aide. Alerter son entourage proche dans un premier temps (ceux qui sauront aider et être bienveillants, pas ceux qui vous diront juste de vous sortir les doigts du cul…). Puis en parler à son médecin (même constat, s’il n’est pas à l’écoute, en changer !). Si vous vous sentez mal dans votre vie, dans votre tête, ne le gardez pas pour vous, et ne laissez personne vous dire que « c’est rien, ça va passer ».

 

Après ça, pas de miracle, tout ne va pas s’arranger en un claquement de doigt, la dépression ne va pas s’envoler toute seule, vous êtes toujours perpétuellement fatigué et/ou triste, n’avez envie de rien, le courage de rien, même pas de faire des choses agréables.

Alors au besoin, acceptez un petit coup de pouce médicamenteux. Oui, je sais, les antidépresseurs ça fait flipper. Les médicaments c’est pour quand on est malade, tout ça. Scoop : la dépression est une maladie ! mais comme le sirop pour la toux quand on a la grippe, ça ne soignera pas la maladie, ça aidera juste à mieux supporter les symptômes le temps de vraiment se soigner. J’étais absolument contre, puis au fond du trou j’ai fini par me laisser convaincre, et je dois avouer que ça m’a permis d’y voir plus clair et que ça m’a beaucoup aidé pour sortir la tête du seau. Il y a une analogie que j’aime bien : les antidépresseurs sont comme ta béquille quand tu as la jambe cassée. ça ne répare pas l’os, mais ça permet d’avancer le temps qu’il faut pour ressouder la blessure… Ce n’est pas une fin en soi, mais ça peut être nécessaire pour aller mieux.

 

Et après, on fait quoi ? On apprend à s’aimer un peu, à se dire qu’on mérite d’être heureux mais que ça n’arrivera pas tout seul. Au besoin, on passe par la case psy, pour comprendre ce qui nous entrave, nous angoisse, nous enfonce toujours plus bas. Pour ma part, la dépression est due à mon éducation qui m’a formatée à vouloir toujours faire plus, toujours faire mieux, à me trouver toujours nulle en tout, à avoir un besoin de reconnaissance parfois maladif (mais tout ça vous le savez si vous me lisez depuis longtemps).

Le savoir c’est une chose, arriver à le dépasser c’en est une autre. Je crois que je suis sur la bonne voie, je me surprends à m’écouter, à écouter mon corps, à faire les choses pour moi et non pour plaire.

La principale chose que j’ai apprise de toute cette expérience, c’est à être bienveillante envers moi-même. D’abord, en acceptant que je ne peux pas être partout, tout faire à la perfection et avoir un teint de pêche et le sourire aux lèvres. Si je me sens fatiguée, je m’écoute et je me repose. Si je me sens triste, je pleure un bon coup, puis je trouve une activité qui me rend le sourire, ne serait-ce que pour un instant. Je m’écoute, et je n’essaie plus de dépasser mes limites à tout prix. Je détermine des priorités, des priorités pour moi et pour ceux que j’aime. Et j’accepte de laisser des choses de côté. La maison rutilante, les petits plats équilibrés et home made à tous les repas, l’album photo imprimé et scrapé au millimètre… tout ça attendra que je sois en état de le faire, ou mieux, que j’ai ENVIE de le faire.

Pendant des années, je me suis interdite de pratiquer des activités qui m’auraient fait du bien, parce que je n’avais « pas le temps ». Prenons l’exemple du sport, je suis quelqu’un d’assez sportif. Pas dans le sens où je suis extrêmement douée dans une discipline mais dans le sens où ça me fait du bien. ça me permet d’extérioriser pleins de choses, de rencontrer des gens, de trouver un équilibre entre fatigue physique et mentale… Quand ma fille est née, au départ, j’ai fait ma rééducation très vite dans l’espoir de reprendre le sport dans la foulée. Ma sage-femme a mis son véto principalement à cause des sports que je pratiquais à l’époque (volley et badminton). J’ai donc laissé tomber. Puis de fil en aiguille, je n’ai plus eu le courage de reprendre. Je suis restée 5 ans sans faire aucun sport. C’était la première fois de ma vie que je faisais une si longue abstinence sportive. Puis, la dépression s’installant, un mélange de fatigue, d’envie de rien, d’impression d’être bonne à rien, s’est installé. Et j’ai eu beaucoup de mal à remettre le pied à l’étrier. Pourtant, il y a deux ans, la reprise du sport a été comme un déclencheur dans ma tête. Combien de fois je ne me suis pas répété « mais POURQUOI je n’ai pas repris plus tôt !?? ». ça marche avec le sport pour moi, mais je pense que ça peut se transposer à toutes les activités dans lesquelles on s’épanouit. D’ailleurs, cette année, j’ai trouvé le courage de reprendre la danse, après plus d’une dizaine d’années de pause. Une révélation, à nouveau. Faire une activité dans laquelle je trouve mes marques, une activité pour laquelle je suis plutôt douée me regonfle à bloc !

Autre chose que j’avais mis complètement de côté et que je retrouve ces derniers mois avec beaucoup de plaisir : ma vie sociale. Punaise, pourquoi toutes ces années j’ai fait subir à mes enfants ma tronche de déterrée larmoyante en pensant c’était mal de les laisser pour voir mes copines l’espace d’une soirée ou d’un weekend (et de revenir avec le sourire) ?

 

Toutes ces petites choses sont une question d’équilibre. Un équilibre qui me semblait impossible à atteindre il y a encore quelques mois… et pourtant… Je pense que pour en arriver là, il y a plusieurs étapes à passer, il faut prendre les choses dans l’ordre.

Pour ma part, j’ai commencé par les médicaments et la psy, mais ce n’était pas suffisant. Puis j’ai repris le sport. Et surtout, j’ai fait le point sur ce qui me rendait vraiment malheureuse : mon boulot ! Et j’ai décidé d’arrêter de subir. ça ne s’est pas fait en un jour. Mon médecin il y a un an et demi me disait en me voyant au bout du rouleau : « vous n’êtes pas à quelques années de la retraite, je ne peux pas vous mettre en arrêt maladie longue durée, et vous bourrer d’antidépresseurs à vie, ça serait une impasse. Il vous faut un plan ! » Ce plan, on l’a établi ensemble. Tout ne s’est pas passé comme prévu, j’ai été découragée et accablée par les difficultés qui se sont mises sur mon chemin. Mais à force de persévérance, j’y suis arrivée, j’ai laissé dernière moi cette situation professionnelle qui me pourrissait de l’intérieur et fait des projets. Je ne dis pas ça pour me mettre en avant, mais bien pour montrer que c’est possible. Moi-même je ne m’en croyais pas capable il y a si peu de temps encore, je regardais envieuse ceux qui passaient le pas sans oser prendre ce « risque ». ça a été difficile, ça l’est encore, mais finalement pas plus que de rester embourbée dans mes problèmes et de subir… Et c’est tellement meilleur pour l’ego !

 

Quand on est passé par une (ou plusieurs) phases dépressives, souvent on se sent fragile, on vit avec la peur que ça recommence. C’est mon cas, mais je suis aussi assez fière du chemin parcouru, et j’ai l’impression que passer par là, ça nous rend tellement plus fort à la fin, fort et grandi. Je suis comme je suis, je reste une personne sensible, un peu mélancolique, mais je ne veux plus me laisser gagner par le vilain monstre noir qui obscurcit tout.

J’espère allumer une petite lueur d’espoir chez ceux d’entre toi qui en passent par là. Je sais comme c’est dur ne serait-ce que d’espérer pouvoir s’en sortir, que parfois on croit qu’on n’y arrivera jamais, je sais qu’on pense à des choses terribles, juste pour arrêter de souffrir… Accrochez-vous, ça vaut le coup, promis, on s’en sort, on peut guérir de la dépression.

 

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8 thoughts on “se sortir de la dépression

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