Assise sur mon volcan

blog de maman / femme / râleuse / boulimique d'écriture (rayer la mention inutile)

ce petit garçon qu’on ne sait plus comment aimer

Je l’entends qui joue dans sa chambre.

Enfin… pour être plus précise, je l’entends qui fait des bêtises.

 

Je rêve depuis des heures d’un petit moment de tranquillité qui n’arrive pas.

Je veux juste arrêter de devoir dire « non », expliquer pourquoi on ne fait pas ci ou ça et réaliser qu’il ne m’écoute même pas, essayer de garder mon calme alors qu’il fait comme s’il n’entendait rien, être obligée de lui courir après pour l’empêcher de se mettre en danger, ou de tout détruire sur son passage, pendant qu’il rit tellement de me voir m’époumoner derrière lui…

 

Alors, je fais comme si je ne l’entendais pas.

Oh je sais pourtant qu’il faudra réagir à un moment donné, pour sa sécurité, celle de sa sœur, ou même juste pour la préservation des biens purement matériels.

Je sais aussi que la hauteur de la tâche qui m’attend, les dégâts à réparer, et l’intensité de ma colère au moment de constater l’ampleur de la bêtise seront proportionnels au temps que je vais mettre pour me lever de mon canapé.

 

Je sais aussi que quand il va me voir, il va afficher un petit sourire d’ange, des yeux charmeurs, et que son expression se transformera en fonction du degré de colère qu’il lira dans mon regard. Parfois, il arrivera à me faire sourire avec ses prunelles angéliques, parfois j’aurais l’impression qu’il se moque de moi avec son petit sourire en coin…

 

Il a tellement, tellement besoin d’attention que c’est épuisant.

Il semble moins rassasiés par des moments de jeux calmes ensemble que par ceux qui nous obligent à la confrontation, au conflit.

 

Souvent, je me dis dans un soupir désespéré que je ne le comprends plus. Ce petit garçon si mignon, si attachant, nous a mis au fond du cœur un goût amer, celui de l’échec… Nous n’arrivons pas à communiquer, nous n’arrivons pas à l’apaiser, nous n’arrivons pas à l’éduquer, nous n’arrivons pas à lui donner les clefs pour s’adapter à un environnement beaucoup moins bienveillant, compréhensif et indulgent que le cadre familial.

J’ai peur pour lui, qu’il ne soit pas aimé, qu’il soit rejeté. J’ai peur que sa petite étincelle soit éteinte par une étiquette de petit garçon turbulent, agressif, voire violent. Il est tellement plus que ça.

J’ai peur pour nous, pour notre cocon familial où la tension est certains jours si forte qu’on pourrait le croire prêt à exploser. Peur pour sa sœur, qui subit, s’efface, se renferme à cause de ce climat trop violent pour son hypersensibilité.

 

Je l’aime tellement mon petit garçon. Mais je ne trouve plus la bonne place, la bonne mesure, les bons moyens pour être la maman dont il a besoin, celle qui l’aiderait à s’épanouir et à faire ressortir le meilleur de lui-même.

Je l’aime tellement, mais sûrement pas comme il faut… je ne sais plus comment l’aimer

 

 

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35 thoughts on “ce petit garçon qu’on ne sait plus comment aimer

  • Oh ma belle, tu pourrais te faire aider peut-être?
    Je suis sûre que tu l’aimes comme il faut, là n’est pas le problème! Il faut que tu en parles à quelqu’un de neutre, pas un membre de ta famille, pas forcément un professionnel mais son médecin peut-être ou quelqu’un qui le connait depuis sa naissance, une nounou?
    Je te souhaite de trouver la bonne personne, ne reste pas seule, il y a toujours une solution, pense avec amour et tout s’arrangera! <3

  • doripette dit :

    je tombe sur cet article au hasard et je me retrouve tellement dans tes mots

    mon petit garçon d 3 ans est devenu.. un tyran
    son but est de me pousser a bout tout le temps, et j’ai usé toute la patience que j’avais, je suis a bout de nerf peut importe ce qu’il fait, peu importe ce qu’il dit….

  • Sandrine dit :

    Des bisous. <3 <3 <3

  • CaroJal dit :

    J’aurais tellement pu écrire ça…
    J’empathise à 200 %, je sais la fatigue, ce découragement qui pousse à vouloir faire l’autruche au moins 5 minutes, au moins le temps de finir ce thé qu’on vient de se verser et qui finira froid sur un placard de la cuisine.
    Je sais cette peur de cet « autre », cette « mauvaise face », celle qui annihile presque toutes les qualités de l’enfant qu’on adore. Je sais la colère et les cris qu’on se reproche après coup, ce désarroi et ce sentiment d’impuissance, les multiples questionnements qui font qu’on ne sait plus ce qu’on doit faire ou non.
    Je sais la douleur quand on pense à la souffrance qui se cache dessous et qu’on peine à apaiser.

    Et puis je sais aussi qu’on fait ce qu’on peut, et qu’on est humain, et que mon humeur joue beaucoup sur la sienne et vice-versa.
    Mon petit garçon est plus grand, mais les problématiques sont les mêmes. Je compte comme des petites victoires les fois où d’autres que nous découvrent ses « bons » côtés.

    Il ne se laisse peut-être pas très bien aimer, mais ce chemin peut se refaire. C’est plutôt comme s’il fallait débroussailler à chaque fois pour le retrouver. Mais il est là, vous allez le retrouver !

  • Je dois dire que le titre m’a vraiment interpellé… Ce que c’est difficile de lire ton désarroi! Sûrement que l’aide d’un psy sera bénéfique!
    Courage vous allez trouver une solution!

    • Estamillia dit :

      Merci, on ne baisse pas les bras, mais il y a des jours plus difficiles que d’autres… on a commencé à aller voir une psychologue il y a peu, j’espère qu’on va pouvoir avancer

  • Il a quel âge?

  • Tu l’aimes comme il faut ton Loustic, le problème n’est pas un manque d’amour. Je ne sais pas d’où il vient. Tu fais de ton mieux avec tes armes à toi : ton amour, ta patience, ta bienveillance (même si tu cries, t’es pas un monstre, t’en fais pas).
    Je te souhaite de trouver des solutions le plus rapidement possible afin que vous puissiez vivre tous les 4 plus sereinement.
    Je te bisoute trèèèès fort

  • Maëline dit :

    Tu imagines comme ton article faut écho en moi et en ce que j’ai moi même vécu (et vis encore) avec ma grande. Je te dirai juste que, selon moi, ton fils en adoptant ce comportement essaye sûrement d’exprimer une émotion qu’il ne sait pas communiquer autrement.

    Je suis convaincue que nos enfants ne se comportent pas comme ça par hasard… enfin, c’est mon avis et c’est en partie le poids de cette culpabilité qui m’a amenée où je suis… as tu vu un pédopsy avec lui ?

    Je sais comme c’est épuisant de chercher des pistes en vain et vivre ça au quotidien. Courage et des bisous. Un jour vous arriverez à vous comprendre, ici ça va de mieux en mieux au fur et à mesure qu’elle apprend à exprimer ce qu’elle ressent.

  • LudiM dit :

    Et moi je suis la fille qui pleure en lisant ton billet, parce que putain, ça fait mal de voir ça écrit noir sur blanc quand c’est ce que tu ressens tous les jours. 7 ans qu’on essaie, 7 ans qu’on culpabilise d’avoir rater des trucs, qu’on alterne les hauts et les bas. En ce moment on est plutôt au creux de la vague, et je constate que c’est surtout à moi d’accepter mes émotions pour les gérer et pouvoir ensuite accueillir les leurs… Sauf que c’est dur, que ça nous met face à notre incapacité à nous contrôler nous-mêmes.
    Et pourtant, grâce à une super psy, on a trouvé l’origine du « problème », mais on a tellement foiré au début qu’il y a du boulot pour rattraper tout ça….
    J’espère que vous trouverez ce qui se cache derrière tout ça, je te serre fort fort fort <3

  • doublerose dit :

    Vous avez fait la démarche d’aller chercher de l’aide ailleurs.
    Tu mets des mots sur tes difficultés.
    Tout cela est une preuve de ton amour pour lui. ce n’est pas l’amour qui est en question, c’est la gestion du quotidien.
    Du courage <3

    • Estamillia dit :

      Je ne remets pas foncièrement en question l’amour qu’on lui porte, mais c’est difficile au quotidien d’être dans le conflit permanent… après c’est certain qu’on se sortira de ce cercle vicieux, on ne baissera pas les bras, c’est pas négociable

  • Tite Pomme dit :

    Plein de <3 et de courage.

  • Lorelei dit :

    je me pose parfois la même question avec ma fille de 5 ans….
    il y a des jours, très souvent en fait, où elle nous mène la vie impossible, et j’ai de moins en moins de patience avec elle….
    je t’envoie plein de courage

    bisous <3

  • La maman chat dit :

    Ton article est tellement touchant. Je me retrouve dabs tes mots tellement de fois… Ce que je peux te dire est que tout sarrange avec le temps, meme les enfants les plus difficile. Ca va aller, fais toi aider, essaie de prendre du rEcul en léconfiant de temps en temps.

  • Tara B. dit :

    Mon grand a été comme tu décris ton fils (le sourire en moins, il n’exprimait qu’agressivité et colère), et nous sommes passés par de grands moments de découragement, de fatigue, de doutes (sur nos capacités à être parent, à faire comme « il faut », à l’aider à grandir), et puis nous avons tenu bon et il a grandi. Aujourd’hui à 6 ans il commence enfin à être raisonnable et à accepter nos règles, à être agréable dans la vie de famille, parce que nous avons tenu bon tout ce temps et que la maturation fait son oeuvre. Il a été un peu aidé l’année dernière par une psy, mais très peu de temps, et c’est aussi nous qu’elle a soutenu en nous disant qu’on faisait ce qu’il fallait…
    Aujourd’hui mon cadet qui est du même tonneau nous fait aussi passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et tous les jours. Alors on en bave encore (un peu), mais nous savons aussi que ce ne sont pas nos fonctions parentales qui sont en cause : tous les enfants ne sont pas les mêmes, et oui certains sont plus toniques que d’autres, plus « durs » que d’autres, moins enclins à accepter l’autorité que d’autres, et ça se tasse après 6-7 ans. D’ici là il faut tenir bon la barre et ne pas (trop) vous remettre en question.

  • marie dit :

    Merci pour ces mots qui pourraient être les miens…
    J’ai beaucoup de mal à supporter mon grand au vu de son comportement et de son hyperréactivité pour des bêtises. Un volcan !
    Pédopsy le suit depuis plus d’un an… C’est moyennement efficace sur lui mais ça nous aide à relativiser.
    Bon courage avec ton loulou !!!

  • […] lu cet article sur la difficulté d être Parent et nous savons tous, que nous pouvons à des moments […]

  • Bonjour, ton article me touche beaucoup (et me parle aussi énormément). Courage, il ne faut pas baisser les bras, aussi difficile que ça soit. Surtout n’abandonne pas et ne l’abandonne pas !!! Je suis de tout coeur avec toi dans cette période émotionnellement compliquée <3

    • Estamillia dit :

      merci beaucoup
      ne t’inquiète pas, aucun risque qu’on baisse les bras, certains jours sont plus difficiles que d’autres, mais ça reste mon petit garçon d’amour, toujours, quoi qu’il arrive

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