Assise sur mon volcan

blog de maman / femme / râleuse / boulimique d'écriture (rayer la mention inutile)

et leur dire au revoir

Il y a quelques mois de cela (presque un an parait-il), je me tenais la plus droite et la plus souriante possible à la porte d’une salle pleine de tables, de chaises, avec un tableau noir, là, au fond. Leurs genoux tremblaient presque autant que les miens.
Vingt-cinq bonjour, vingt-cinq petites têtes blondes comme on dit (mais en réalité un joli arc-en-ciel de couleurs, d’origines et de tempéraments). Je tentais tant bien que mal de masquer mon appréhension pour n’écouter que la leur et l’apaiser.

Pendant plusieurs mois, ils m’ont faite rire, pleurer, ils m’ont émerveillée par leurs progrès, m’ont remplie de joie avec leur enthousiasme, m’ont émue et touchée avec leurs confidences et leur confiance.
Bien sûr, tout n’était pas toujours rose, j’ai aussi connu l’exaspération, l’épuisement, le découragement et l’énervement profond avec eux. Mais ces moments semblent si flous et si inconsistants. Ne restent en moi que la force incommensurable qu’ils m’ont transmise.

 

Le 7 juillet est arrivé à une vitesse fulgurante et déjà, il était temps de se dire au revoir. Enfin, si j’avais été honnête, je leur aurais dit adieu. Mais c’était trop dur. Se dire qu’on avait partagé tellement, en si peu de temps et que finalement on allait me retirer l’immense privilège que j’avais eu toute l’année scolaire de les voir grandir, d’y participer, un peu… Ce 7 juillet, nous avons vidé les casiers, joué la saynète d’anglais qu’ils étaient tellement fiers d’avoir apprise, profité de moments différents, où je n’étais déjà plus tout à fait leur maîtresse, ni eux tout à fait des élèves. Pendant qu’ils partageaient un goûter, j’ai décroché toutes les affiches que nous avions faites ensemble dans l’année. Ils ont trouvé la classe « très moche » comme ça. La dernière heure arrivée, je leur ai lu les quelques lignes que j’avais écrites pour eux, pour les remercier pour cette année. Au moment d’énumérer le qualificatif que je leur promettais de retenir pour chacun d’eux, les larmes ont coulées. Les miennes, les leurs.

J’ai le sentiment que je ne pourrai oublier aucun d’entre eux, mes premiers élèves… et pourtant, d’ici quelques jours, j’aurai une nouvelle classe, une vingtaine de nouveaux prénoms à retenir, d’histoire de vie à découvrir, de profil scolaire à appréhender… J’ai peur, j’ai hâte, j’ai du mal à imaginer que chaque année sera aussi chargée en émotions…

S’égrainent dans ma tête les paroles de la chanson d’Aldebert :

Elle se fait parfois éduc, bien souvent psychologue et deuxième maman.
Une drôle de maman qui se voit, bon gré mal gré, changer d’enfants tous les ans.

Qu’il est beau mon nouveau métier, qu’il est dur mon nouveau métier, qu’il me remplie et me donne de l’impression d’être enfin à ma place…

 

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5 thoughts on “et leur dire au revoir

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