Assise sur mon volcan

quelqu’un de spécial

Elle a 68 ans.

C’est la grande sœur de maman, c’est aussi un peu sa deuxième maman vu leur grand écart d’âge.

C’est quelqu’un de cher à mon cœur. Je ne saurais pas décrire la place qu’elle occupe dans ma vie, mais elle est immense.

Douce et bienveillante, elle s’est toujours donnée corps et âme pour les autres. Elle rend le monde plus beau, avec sa petite étincelle.

 

Depuis plus de 50 ans, elle vit l’enfer. Brimades, humiliation, violences verbale et physique extrêmes, avortement forcé… Il a tout essayé pour l’éteindre, sa petite étincelle. Un jour, il y arrivera. Un jour il la tuera.

 

J’ai mal de savoir ce qu’elle vit.

Quand j’ai appris, quand j’ai compris, j’étais dans une rage folle. J’aurais tout fait pour la sortir de là. Lui, qui quelque part dans son esprit tordu me voit comme sa petite fille, je lui ai craché ma haine au visage. Mais même si elle était touchée par mon soutien, elle n’a pas bougé…

Nous avons tous essayé de l’aider, ma mère, son fils… On l’a encouragée à partir autant qu’on pouvait, mais elle n’y arrive pas.  Ce monstre s’est insinué trop profondément dans son âme pour qu’elle croie encore qu’elle vaut mieux que ça.

Une fois, il y a très longtemps, elle a essayé de partir. Elle a parlé a un professionnel de ce qu’elle vivait. Il lui a répondu qu’elle mentait, elle ne pouvait pas subir tout ça et être encore en vie. Alors, elle a tenté de se suicider.

 

C’était une femme magnifique ma tante. Elle aurait pu avoir une vie tellement différente de ça, si elle avait réussi à voir à quel point elle est merveilleuse, quels trésors se cachent en elle…

 

Elle n’arrive même plus à faire semblant d’aller bien. Quand je l’ai au téléphone, elle me souffle honteusement qu’elle n’en peut plus, qu’elle est au bout. Je lui suggère de le pousser dans les escaliers et elle me répond qu’elle est tellement stupide qu’elle s’en rendrait malade s’il lui arrivait quelque chose. C’est triste de se dire qu’elle croit l’aimer, c’est tellement pas ça l’amour…

 

C’est quelqu’un de spécial ma tata. Elle a un don. En plus du don d’attirer les ennuis et la malchance, elle a celui de guérir les gens, de soulager leur peine. On y croit, on n’y croit pas, toujours est-il que je l’ai vue récolter une cloque après avoir soigné une brûlure à ma sœur et oublié de se protéger… C’est ma tata magique. Avec ses mains, elle peut effacer les douleurs physiques et morales des autres. Quelle ironie ! Alors, comme elle donne toujours tout aux autres sans penser à elle, elle est entouré de dizaines de parasites qui lui pompent le peu d’énergie qui lui reste.

 

Lui, elle a cru le sauver. C’était un être en souffrance, un enfant de la DASS. Mais aucune humanité ne coule dans les veines de cet homme. Il vit pour détruire. Pour LA détruire. Parce qu’elle est tout ce qu’il n’est pas, parce qu’elle sait aimer comme il ne saura jamais. Alors un jour, il la tuera…

rose

 

24 thoughts on “quelqu’un de spécial

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :