Assise sur mon volcan

mes histoires #6 : les monstres

histoiresÇa fait longtemps que je ne vous aie pas écrit une petite histoire ? D’ailleurs, vous avez encore quelques jours pour voter pour ma nouvelle au concours au féminin si ce n’est pas déjà fait !

 

 

 

 

 

 

LES MONSTRES

Nous avions pensé au départ que les nouveaux habitants de notre petit paradis allaient apporter avec eux un peu de dynamisme au quartier, que la vie serait plus douce et plus simple avec tous ces changements. Jamais nous n’avions pensé que ça tournerait tellement mal. Depuis hier, c’est l’apocalypse, littéralement. Je vous promets, je n’exagère pas…

Je me frotte les yeux, la fumée me brûle et je contemple tristement les ruines qui étaient autrefois notre belle maison familiale. Je crois que je suis le dernier survivant. Quand tout a explosé quelques heures plus tôt, j’ai réussi à me planquer sous un rocher, mais j’ai la trouille maintenant. Pourtant, je ne vais pas pouvoir rester éternellement ici, il va bien falloir que je sorte pour trouver quelque chose à boire et à manger…

La nuit finit par tomber et le silence envahit l’espace qui m’entoure. Toujours pas rassuré, je décide tout de même d’aller constater l’étendue des dégâts et d’essayer de retrouver mes frères et sœurs. J’ai les genoux qui jouent des castagnettes, mais je m’avance doucement.

L’horreur qui s’étale sous mes yeux est indicible : plus un brin d’herbe ne reste dans notre verte prairie, des morceaux de corps des miens sont éparpillés aux quatre vents. Étouffés par les fumées toxiques, broyés, brûlés, il ne reste personne. Je suis trop choqué pour ressentir quoi que se soit devant ce spectacle.

La nuit est calme mais l’ennemie rode. J’entends le bruit de leurs voix graves un peu plus loin, et je sens la douce odeur de ce qu’ils s’apprêtent à manger. Comme peuvent-ils avaler quoi que se soit après avoir fait un tel massacre. Ce sont des monstres, il faut que je fuie, le plus loin possible d’eux.

L’aube est proche quand j’arrive enfin à l’orée du bois voisin. Le ciel blanchit et le sol se couvre de rosée. J’ai des écorchures sur tout le corps et des terribles courbatures dans mes membres. La faim me noue le ventre, mais je ne dois pas mollir, je dois me mettre à l’abri. Je sais qu’une autre famille habite dans ce coin, on s’est souvent fait la guerre pour les quelques baies qui ornent les buissons à la fin du printemps. Peut être accepteront-ils de me recueillir ?

Je suis encore à méditer quand j’entends un terrible fracas dans mon dos. Les monstres ont remis leurs machines en route. Je reste figé par l’effroi. Le sol tremble sous leurs pas lourds et je n’ai pas le temps de sortir de ma torpeur que l’un d’entre eux est déjà tout près de moi.

Une ombre envahit mon champ de vision et une énorme chaussure s’écrase sur mon petit corps noir qui crisse en se brisant sous la semelle.

Adieu.

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