Assise sur mon volcan

Mes histoires #5 : au bord de l’étang

Leïla était assise au bord de l’étang à regarder les remous qui ridaient la surface de l’eau au rythme de la danse des poissons qui vivaient là. Elle s’était perchée sur la rive, laissant ses jambes pendre dans le vide dans un doux balancement. Il ne faisait pas vraiment beau ce jour là, mais pas mauvais non plus. Les nuages et la brise rafraichissaient cet air estival qui était encore si étouffant quelques heures plus tôt.

Cette solitude ne lui pesait pas, au contraire, elle se sentait bien, posée là, à laisser son esprit dériver, vagabonder, sans être interrompue par le flot incessant des babillages de son entourage. « mais qu’est ce que tu vas faire de ta vie », « tu n’es qu’une fainéante », « de mon temps, on ne t’aurait jamais permis de rester là à ne rien faire », « arrête de finasser, trouve toi un mari au moins ».

Qui était-elle ? Que voulait-elle devenir ? Elle n’en avait aucune idée… Elle avait juste envie de rêver, de s’échapper de cette réalité qui courrait trop vite pour elle. Elle ramassa à côté d’elle un petit galet plat et l’envoya tournoyer au dessus de l’étang. Il rebondit : une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois, six fois… à chaque enjambée de l’eau que faisait le caillou, les lèvres de Leïla s’étiraient un peu plus, lui arrachant un sourire. Mais aussitôt la pierre coulée, la voix de sa grand-mère revint la hanter : « ce n’est plus de ton âge, tu n’es qu’une idiote, une enfant trop gâtée ».

C’est alors qu’une chose étrange arriva : le caillou jaillit de l’eau et vint la frapper en plein milieu du front. Puis une petite voix cristalline lui lança :

– Tiens, ça t’apprendra à jeter des trucs sur la tête des gens, œil pour œil, dent pour dent !

Leïla regarda derrière elle, au dessus, au loin, mais elle ne vit personne. Sa famille avait peut-être raison, elle était folle, tout simplement. Mais à la minute où cette pensée lui traversa l’esprit, ses yeux trouvèrent l’origine de cette petite voix. Une toute petite chose s’approcha d’elle à une vitesse vertigineuse. Au départ, elle pensa identifier une libellule. Mais au fur et à mesure de son approche, elle devinait une minuscule silhouette à forme humaine, munie d’ailes transparentes qui reflétaient la lumière du soleil en milliers de rayons arc-en-ciel.

– Oh, c’est à toi que je parle, satané bipède ! Pfff, tu es bien une humaine comme les autres, tu ne vois rien de ce qui t’entoure. Et là, je suis entrain de parler toute seule comme une idiote parce que je suis transparente pour les êtres comme toi, déclama-t-elle et virevoltant.

– Heu, c’est à dire que, non, je te vois, mais… tu es quoi ? s’émerveilla Leïla.

– Ok, je retire ce que j’ai dit, tu n’es pas une humaine comme les autres, s’étonna la fée en ouvrant de grands yeux, tu es même la première à pouvoir me voir, c’est étrange…

 


 

histoiresComme je suis du genre super sadique, je vais laisser l’histoire là pour le moment. à vous de me dire si vous voulez une suite, et si vous avez des idées pour cette suite, voir envie d’en écrire une partie, c’est tellement plus sympa que d’écrire toute seule !

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