Assise sur mon volcan

prologue

Ce devait être le plus beau jour de ma vie…

 

–   Alina, ma chérie, tu es prête ? Tu ne vas quand même pas être en retard à ton propre mariage !

–   J’arrive maman !

Je me regardais dans le miroir de la coiffeuse sans me reconnaître. Je portais une robe – ce qui est déjà en soit un gros changement – que ma mère m’avait offerte, probablement trop effrayée à l’idée que je décide de venir en jean à mon mariage. Nous l’avions choisie dans une petite boutique du centre ville, où chaque modèle était unique, une vraie robe de princesse : dans un tissu légèrement satiné de couleur ivoire, le bustier ajusté marquait ma taille fine et mes hanches, puis s’évasait légèrement au niveau des jambes où une mousseline finement brodée de perles donnait du relief à l’ensemble. Mon visage était en partie couvert d’une fine couche de maquillage qui soulignait avec grâce les traits fins de mon visage et masquait discrètement les quelques marques de fatigue qu’avait laissées la préparation du mariage. Un chignon, très simple relevait mes cheveux bruns et entrelacés dans une natte avec quelques fleurs fraîches. Je constatais avec surprise et fierté que le résultat était assez réussi.

Waouh, ça y est, je vais franchir le pas ! J’ai tellement hâte de voir Jules, son regard sur moi, si pomponnée, si différente de la jeune femme qu’il voit au quotidien depuis maintenant cinq ans.

Je me décidai enfin à me lever pour sortir de la chambre, laissant encore mon esprit vagabonder quelques instants.

J’aurais tellement aimé que mon père soit là, m’accrocher à son bras fort pour m’avancer devant tous ces regards tournés vers moi…

Quatre ans qu’il avait disparu, nous n’avions eu de cesse de le chercher, sans résultat… En ne l’attendant plus pour épouser l’homme de ma vie, c’était comme si je tirais un trait sur lui et que je baissais les bras. Cette idée me brisait le cœur.

Nous ne te reverrons probablement jamais, papa…

À cette pensée, une larme se mis à rouler sur ma joue ; sitôt essuyée par ma mère, trop impatiente pour rester derrière la porte. Quel réconfort c’était de l’avoir auprès de moi ! Je lisais malgré tout en elle la même tristesse que la mienne, à laquelle s’ajoutait un immense vide qu’elle aurait voulu masquer derrière son plus beau sourire.

— Tout va bien se passer mon ange ! Mais maintenant, il faut y aller !

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