Assise sur mon volcan

Madame Parfaite et moi


Ça fait longtemps que je n’ai pas râlé, ça ne me ressemble pas et je suis sure que ça vous manque ?
Pour remédier à ça, je vais vous parler aujourd’hui de Madame Connasse-Parfaite (MCP pour les intimes).

Je suis le genre de fille à toujours vouloir la perfection dans ma vie, mais à ne jamais y arriver.
Je regarde autour de moi, et je complexe, à mort !
Je me rends compte – d’autant plus en devenant maman – que cette salope de Mère Nature est vraiment une sacrée garce (oui, les gros mots sont à l’honneur dans ce billet) parce qu’elle ne donne pas les mêmes atouts à tout le monde. Non en fait c’est une seule et même personne qui a tous les atouts et moi qui la regarde avec des yeux envieux…

Non, vraiment, c’est vraiment trop-injuste

Je me rappelle de MCP, quand elle était à l’école avec moi : première de la classe dans toutes les matières, championne régionale de gym, un charisme fou et dont tous les garçons étaient amoureux

           et moi, j’étais toujours deuxième ou troisième (sur six élèves, petite école, aucun mérite) et malgré tous mes efforts, je n’arrivais à la battre en rien, c’était très énervant. Et je me rappelle très bien ma mère : « c’est bien mais MCP elle a eu combien, elle, à son contrôle ? »

Plus tard, MCP, c’était la fille trop bien dans sa peau, la coqueluche du collège, mais tellement cool, gentille et modeste (connasse)

               moi, j’enfilais des fringues trois fois trop grandes pour moi, je ne parlais à personne, j’essayais d’être aussi invisible que possible et j’appelais ma maman à la pause déjeuner

A la fac, MCP elle avait toujours lu les livres avant même qu’on commence le nouveau thème, était incollable sur tous les sujet ; et déléguée de la promo, bien sûr, puisque dans cet immense amphi de 800 personnes, tout le monde la connaissait et l’appréciait.

               moi, j’ai virevolté entre plusieurs filières, puis trouvé une qui me plaisait et enfin, après moult efforts, loupé tous mes concours à une place près (j’ai une idée sur qui a pu me la piquer cette place, pas vous ?)

Puis vint la maternité, moment d’exception, où la nature devrait toutes nous mettre sur un pied d’égalité… mais non !

MCP a eu l’accouchement le plus merveilleux du monde, en une heure et à peine quelques petits grincements de dents, c’était fini et la rencontre a été tellement merveilleuse avec ce petit bébé même pas sale (oui, l’enfant de MCP est certifié sans sang et sans liquide visqueux)

            moi, j’étais violette à force de pousser et trop dans les vapes pour voir la tête de ma fille. Quant à la naissance de mon fils… non, n’en parlons pas !

MCP rentra de la maternité de ventre plat et les cuisses galbées, même pas une petite poche sous les yeux

             moi, le jour de la sortie de la maternité, on avait du mal à trouver mes yeux au milieu de mon visage boursoufflé par le baby blues. Et un mois après, certains opportuns trouvaient drôle de me demander si j’attendais encore un bébé (hilarant).

MCP n’a pas eu de vergetures, pourtant elle a pas fait trop gaffe

           moi, je me suis tartiné avec toutes les recettes de grand-mère et autres crèmes peauducul et j’ai maintenant le ventre joliment zébré. Rassurez-vous, il reste un peu de peau normale entre les vergetures, ouf !

MCP a un nourrisson qui ne pleure jamais et fait ses nuits très vite, genre en sortant de la maternité

           moi j’ai eu un bébé RGO-coliques-BABI-IPLV-quifaitchier qui pleure tout le temps et un deuxième qui me réveille toutes les 40 minutes la nuit juste pour le fun

MCP clame partout que l’allaitement, c’est magique, ça fait maigrir, ça donne une belle poitrine et vraiment c’est trop pratique pour sortir avec bébé

            moi, l’allaitement ça me donne faim et ça me fait grossir. D’ailleurs à cause de l’allaitement et des hormones qui vont avec, mes muscles sont du chamallow (périnée compris) tout pendouille gracieusement et le sport m’est interdit (dixit la sage-femme). En plus j’ose pas sortir, parce que mes seins sont des obus énormes, affreux et douloureux, et que ça fuit au moindre mouvement.

MCP reprend le boulot dès la fin de son congé mat, fraîche comme la rosée du matin, dans son cher jeans fétiche taille 36 et tout le monde est trop content de la voir au bureau. Elle laisse son bébé à sa merveilleuse nounou Mary Poppins et ne verse même pas une larme tellement elle est certaine que tout ira bien (tout va toujours bien dans sa vie…)

                  moi je reprends aux 6 mois de mon bébé, le cœur en miette, ma bouée ventrale cachée sous un T-shirts-parachute et un pantalon de grossesse sur les fesses. Je pleure toutes les larmes de mon corps en laissant mon bébé à la crèche histoire de parfaire le tableau avec le mascara qui coule. Quand j’arrive au boulot, mon bureau a été déplacé dans un coin sombre et mes fournitures pillées. On me fait la tronche parce que mon remplaçant était tellement plus souriant et disponible. (mais si, rappelez-vous, je vous ai raconté ça là)

MCP a une maison toujours nickel. Mais c’est rien que l’histoire d’un coup de balai une fois par semaine. Et elle fait le repassage ELLE !

                    entre le chien, les enfants et ma tendance anti-maniaque, ma maison ressemble à un champ de bataille. En plus, il doit y avoir une poussière spéciale dans ma région, genre de la poussière avec des supers-pouvoirs-boomerang, qui revient dix minutes après que j’ai tout nettoyé.

MCP est toujours tirée à quatre épingles : vêtements, coiffure, ongles, tout est parfait

                    moi… ben vous savez, je vous en ai parlé là

MCP va à la Zumba une fois par semaine, et fait du footing tous les deux jours

                  moi, je rêve de reprendre le sport (mais le vrai sport, avec des raquettes, des ballons, toussa), mais je me demande où je pourrais bien caler ça dans mon emploi du temps : à la place du temps avec mes enfants, à la place des balades du chien qui permettent qu’il ne devienne pas encore plus cinglé, à la place du petit temps que j’accorde à mes séries préférées que je regarde avec Monsieur Chéri, ou bien à la place du temps que je consacre au blog ici présent ?

Vous l’aurez compris, je suis terriblement jalouse.
Madame Connasse-Parfaite, c’est toutes les femmes qui réussissent là où j’ai l’impression d’échouer lamentablement.
C’est peut-être vous là, derrière votre écran.
Et bien sachez que je vous déteste.
Mais c’est avant tout parce que je me déteste moi, de ne pas être aussi parfaite que je le voudrais.

C’pas ma faute, ma maman m’a toujours élevée en me montrant qu’elle attendait mieux que moi (« c’est bien, mais… ») et elle tient également ça de sa mère (qui tient probablement ça de sa mère, etc…). J’espère ne pas reproduire ça avec ma fille (ni mon fils).
Ça ferait au moins un truc que je pourrais mieux réussir que MCP, non ?

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17 thoughts on “Madame Parfaite et moi

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