Assise sur mon volcan

Mes Histoires #3

imagineAujourd’hui pour le 3e volet de cette rubrique, j’ai décidé de participer au projet lancé par PapaPanique. « potentiel évoqué ».

Le principe ? un visuel comme base d’écriture, partagée par tous les blogueurs (ou autre) qui en ont envie.

Pour ce premier volet, c’est une photo de  Mila Deth nommée « Amoureux d’automne » qui nous a été proposée.

J’avais plusieurs idées, j’ai finalement décidé d’écrire une fiction puisque la foule en délire m’en réclamait une nouvelle.

 

 

 

amoureux-d-automne

C’ÉTAIT ELLE

 Je l’attendais depuis dix minutes à l’angle de la rue des écoles, la peur au ventre. Après des mois à discuter sur internet, nous allions enfin nous rencontrer. L’impatience se mêlait à l’appréhension dans un tourbillon qui me broyait les entrailles. Je n’avait vu qu’une photo d’elle, elle semblait jolie. Mais par dessus tout, c’est son humour, sa joie de vivre et son empathie qui m’attiraient chez elle.

En regardant les passants se presser sur la chaussée, je me rendis compte que j’étais hors du temps, planté là. Et si elle ne venait pas ? Ou pire, si elle me voyait de loin et qu’elle décidait de faire demi-tour ?

Les pleurs d’un enfant me sortirent de ma torpeur et je me mis à imaginer comment seraient les nôtres, enfants. C’était vraiment ridicule, on ne peut pas se dire qu’on se connaît, qu’on est compatibles, après juste quelques échanges virtuels, si ?

Le vent me glaçait, ou peut-être était-ce la peur ? Mon ventre émit des gargouillements quand les odeurs de la boulangerie devant laquelle j’étais posté tentèrent de m’aguicher avec leurs effluves de croissant brûlants. Ou peut-être était-ce la peur ? Mon corps fût parcouru d’un frisson quand je la vis me sourire à quelques mètres devant moi. Non, ce n’était pas la peur.

Marchant main dans la main, nous n’arrivions plus à nous lâcher. Comme si nous nous connaissions depuis toujours, sa présence était d’une douce chaleur réconfortante. Nous parlions sans voir les heures défiler. Je savais à cet instant que c’était elle, la femme de ma vie. En traversant ce parc, en sentant les feuilles mortes craquer sous mes pieds, je savais que je connaîtrai toutes les saisons en sa compagnie. Je n’entendais plus que sa voix, je ne voyais plus que ces magnifiques yeux noisette et son sourire éclairant son visage.

Je caressais encore sa main quand un bruit me fit sursauter, un bruit sourd. En me relevant en sueur dans mon lit, je compris : j’avais encore rêvé d’elle, de notre première rencontre. Mais la vie, cette garce cruelle, me l’avait enlevée. Hier, elle était morte après des mois de lutte contre la maladie, me laissant seul avec nos deux adorables enfants. J’étais détruit.

J’enfouis à nouveau ma tête dans son oreiller, tentant de retrouver son odeur. Pour la revoir encore, au moins dans ce monde de chimères que je ne voulais plus quitter.

 

 


 Cet article a été rédigé dans le cadre du projet « Potentiel Evoqué » proposé par PapaPanique.
La photo « Amoureux d’Automne » nous a gracieusement été offerte par la photographe Mila Deth


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